Une vieille deux-ch'vaux qui
tousse déversait des prospectus : "Ce soir, vingt heures,
venez tous, entrez au Lacrymal Circus."
J'étais seul et je cherchais un abri contre la bruine . J'ai
pris ma place au guichet d'une roulotte qui tombe en ruine .
Au Lacrymal Circus on y voit c'qu'on veut y voir .
Ce soir des cumulus jettent sur ma vie une ombre ivoire et
je vois dans les tentures rouge et or , quelques vieilles connaissances ,
des souv'nirs qui collent au corps , comme une vapeur d'essence et j'ai froid .
Un vieux lion à bout de forces a cligné trois fois des yeux .
Il me disait, je crois, en morse : "J'peux pas sauter, j'ai peur du feu !"
Puis un clown neurasthénique a pleuré sur mon épaule :
"J'ai beau faire mes gags scéniques quand je tombe je suis pas drôle !"
Un étrange ballet équestre , hennissements et ruades .
Y a qu'un tambour à l'orchestre , tous les cuivres sont
malades . Ceux qui soufflent n'ont plus d'air , il ne reste
que ceux qui tapent . Au Lacrymal Circus ...







# Posté le vendredi 25 janvier 2008 20:20

Modifié le vendredi 15 février 2008 13:55




Merci de bien vouloir lire ce texte :




Après t'avoir consommé
Je ne pouvais plus penser
A autre chose que tous les plombés :
Devant les enceintes,danser
et en même temps crier "allez!"
J'ai bien négligé ma santé
Me souciant uniquement des effets
Et quand la descente arrivait
J'en ai repris,j'ai regobbé
Pensant que ça,ça le faisait
Bien sur j'etais trop defoncé
Mais peu importe,j'allais sniffer
J'ai preparé un petit trait
Avec un pote dégénéré
A deux on se l'est partagé
Avec un sourire presque niais
Puis nous nous sommes levés
Parés pour aller jumper
Toute la soirée comme des niqués
Et puis soudain est arrivée
Cette sensation bien mitigée
Au depart douce et agrébale
devenant très desagraeable
Quand je croyais être en osmose
De moi s'approchait l'overdose
Je me suis allongé par terre
Je ne savais plus quoi faire
Les autres m'avaient abandonnés
juste par le son préoccupés
Enfin plutôt par les produits
Qu'ils ont consommé toute la nuit
Je ne pouvais plus respirer
Ma tension trop accelérée
Provoqua en moi un effet
Je ne pouvais imaginer
A quel point j'etais défoncé
enfin le mot approprié
Serait assurément droguée
Détruite par des produits chimiques
Ma vie s'arrête,avec un trip
Mes proches,ma famille m'ont pleurés
Et me pleurent encore depuis ce jour
Ce jour ou j'ai cessé d'exister
juste pour la pillule,mon amour
Toi qui a amelioré mes nuits
Me privant plus tard de mes jours
Grace à toi j'ai pu fuir la vie
Disparaissant,et pour toujours




# Posté le vendredi 25 janvier 2008 20:04

Modifié le vendredi 15 février 2008 07:31





A quoi ça sert on est tous mort . A quoi tu sers je t'aime encore . Bataille déjà perdue , une histoire déjà entendue . C'est pas qu'je crois en rien j'crois plus tout court ça me convient . Chez moi j'vote pas , j'suis pas chez toi y fait trop froid . J'ai perdu mon drapeau , j'crois plutôt qu'j'l'ai brûlé . J'ai oublié d'trouver ça beau , j'ai oublié qu'c'était sacré , j'préfère encore croire en du pire . Désolé je me sens pas bien , trop pressé de mourir pour écouter ton baratin .
Je m'emmerde , j'ai mal aux yeux , mais dans ma ville tous les hommes sont pluvieux .
Je m'emmerde , demain il pleut , mais dans ma ville tous les chiens sont boiteux .
Y'a tellement rien à dire , obligé de mentir .Y'a tellement rien à faire , obligé d'avoir l'air .
Conditionné , auditionné , attentionné , c'est t'oublier
Une vie pourrie vaut mieux qu'une putain d'illusion , une soirée pourrie vaut mieux qu'une putain d'émission .
Trop d'émotions à exprimer , heureusement qu'y'a la page de pub pour te rappeler qu'demain il pleut ...
On aurait pu construire , ecrire des poèmes sur les murs , faire un potager du champs d'Mars , noyer tous les flics dans la Seine . On aurait pu arrêter d'boire , ouvrir les cages des animaux . On aurait pu s'ouvrir les veines , et Paris serait beau .





Photo par moi .


# Posté le jeudi 24 janvier 2008 15:48

Modifié le vendredi 15 février 2008 13:44






Je déteste ces présentateurs pontifiants et bien habillés , qui font des montagnes de fric en rétribution de leur talent pour déchiffrer des prompteurs, parler dans des micros et lécher les bottes, ces jeux à la con où des gens comme moi se ridiculisent chaque jour en répondant à des questions aussi difficiles que "Lequel de ces hommes était un compositeur sourd : a) Mike Tyson, b) Ludwig Von Beethoven, c) Vincent Van Gogh, d) Rain Man ?", avec ce pseudo-suspense , musique de film d'horreur, silence dans la salle, sourcil froncé du présentateur et coup de fil paniqué à la vieille mère qu'on tire de sa sieste pour qu'elle confirme que oui, c'était bien Mike Tyson qui s'était coupé l'oreille pendant le tournage d'un film avec Tom Cruise, et qui malgré la surdité qui en avait résulté avait tout de même composé la Sonate au Clair de Lune, et cet opéra génial où il était question de tournesol, et non, mauvaise réponse décrète le présentateur bonhomme, le seul ici à gagner des millions, mauvaise réponse, cassez vous maintenant, retournez à votre guichet SNCF, à votre guérite de péage, à votre écluse, à votre camion, à votre bordel, et le perdant se désole d'être passé si près du Pérou, et n'éprouve pas un demi-sentiment de honte à propos de son ignorance crasse, et quitte le plateau en titubant, à moitié fou, devant la France affligée, et s'en va retrouver son écluse et sa vieille mère inculte, qu'il insultera jusqu'à ce que mort s'ensuive parce que tout est de sa faute, lui allait dire Beethoven, il le savait, il en était sûr, et toute sa vie, il ne ruminera plus que son quart d'heure de gloire et matera la cassette jusqu'à ce que la bande s'use, et sombrera dans l'alcoolisme pour oublier qu'il n'a pas su saisir sa chance.








# Posté le samedi 12 janvier 2008 15:02

Modifié le samedi 16 février 2008 06:25

Hit the floor

 Hit the floor


J'étais là tu vois, lui à côté de moi
On avait six ans , on jouait comme des enfants, au docteur
J'étais là, je voyais sur son corps les plaies,
Les marques, les bleus , j'en croyais pas mes yeux,
Et lui qui m'disait "J'suis un dur
Tu vois les brûlures là, sur mes bras , j'les sens pas
J'étais là, j'ai rien dit .Et puis j'suis partie de chez lui
Si j'y suis retournée ? Plus jamais
J'étais là, comme lui, j'avais quinze ans à peine
On était dans la cave, chez ses parents , je l'aimais tant .
Faut dire qu'il était beau, mais il se piquait, mon héros, à l'héro .
J'étais là quand sa mère est venue me dire
"C'est fini ! On l'enterre lundi "
J'ai pleuré bien sûr, j'ai pleuré
Puis j'ai recommencé à trner dehors
Sûr que j'étais là pour faire la fête
Et j'ai levé mon verre à ceux qui n'ont plus rien
Encore un verre, on n'y peut rien
J'étais là devant ma télé à vingt heures
J'ai vu le monde s'agiter
J'étais là, je savais tout de la Somalie,
Du Bengladesh et du Rwanda
J'ai bien vu le sort que le Nord réserve au Sud
Bien compris lepris,
J'étais là pour compter les morts
J'étais là et je n'ai rien fait
J'étais là pourtant . . .





Photo par moi , de mon ancien blog .





# Posté le samedi 12 janvier 2008 14:51

Modifié le vendredi 15 février 2008 13:13